Monday, December 19, 2011
Phénix - étude (3)
Je me suis donnée une échéance pour compléter ce projet et ce matin je mettais les derniers points à la pièce.
J'avais une certaine anxiété liée au nettoyage de la pièce. Il fallait la laver pour enlever le tracé du dessin et les huiles naturelles des mains qui s'impregnent lorsqu'on travaille.
Les couleurs foncées, telles que les bleus, peuvent se répandre dans le tissu au lavage. Heureusement, les couleurs n'ont pas bougé, un grand soulagement.
Maintenant, prochaine étape, choisir l'encadrement. La présentation finale est aussi importante que la broderie.
Et je profite de cette occasion de souhaîter à tous ceux qui me lisent de très joyeuses fêtes, et merci infiniment de votre fidélité.
Tuesday, December 13, 2011
Anémone Hupehensis
| Anémone Hupehensis - aquarelle et interprétation |
J'ai reçu un message cette semaine d'une ancienne cliente, devenue amie, pendant la période où je dirigeais le studio à Québec. Ses mots encourageants et généreux m'incite à écrire plus souvent sachant qu'il y a des lectrices qui attendent le prochain blog avec hâte. Merci M. pour ces gentils commentaires.
Je continue à travailler sur mon projet 'Phénix' et aujourd'hui je prendrai des photos pour montrer le progrès.
Je fouillais ce matin dans mes albums et je me rendais compte que je n'ai pas encore parler de ce projet dans mon blog.
Donc, le voilà: je démontre ma façon de procéder; c'est-à-dire, une étude en aquarelle avant de transférer le dessin sur lin et de le broder. Cette analyse en couleur avec mon pinceau me permet de définir ma vision mentale sans m'investir trop. Pour expliquer, la broderie demandera plusieurs dizaines d'heures de travail pratique, tandis que l'analyse de couleur, mouvement et détail sur papier prendra une heure ou deux.
Cette fleur fournissait la dernière pointe de couleur dans le jardin au mois de septembre, une petite tête fleurie et si délicate qui flottait dans le vent automnal.
Aujourd'hui, le 13 décembre, le jardin est couvert d'une épaisse couche de neige. Je ne verrai que du blanc pendant les prochains six mois. L'anémone brodé, qui se trouve parmi toutes les autres fleurs en soie dans mon atelier, me permet de profiter de mon jardin malgré cette blancheur.
Thursday, December 8, 2011
Phénix - étude (2)
Le travail sur le Phénix progresse. J'étais occupée pendant quelques jours avec les préparations de Noël qui comprenait une visite à Montréal pour voir une grande amie et un membre de la famille. De retour à l'atelier avant hier, j'étais contente d'avoir le temps de me remettre au travail. Chaque fois que je passais devant le métier où se trouvait le dessin, les idées se fixaient de plus en plus dans mon esprit. Hier je me mettais à travailler et j'ai fait du progrès.
La poitrine de l'oiseau me posait quelques difficultés. J'avais essayé la technique du passé nuancé empiétant qui me semblait fonctionner mais j'ai constaté que l'effet de plumes, l'effet de légéreté ne s'y voyait pas. J'ai tout enlevé et redessiné cette partie. Finalement, j'ai opté pour l'effet d'écailles, comme pour un poisson, mais qui me semblait donner l'illusion de plumes. Il faut dire que le phénix est un oiseau mythique. Conséquemment, je me donne la liberté de l'interprêter à ma guise. C'est une belle liberté.
Ensuite, il fallait interprêter la crête et la tête. L'oeil allait être difficile. Quelques traits de fils fins devaient rendre l'effet recherché, une suggestion d'un oeil plûtot que de le broder dans tout son détail. Et les pattes, comment rendre cet effet irrégulier de la peau qui couvre la patte d'un oiseau. Il fallait surtout pas que l'oeil du spectateur tombe toute de suite sur les pattes. Il fallait trouver une façon discrète de les interprêter par la couleur et la technique. Je verrai après avoir brodé plus de plumes si mon choix de technique (block shading) et de couleur (bronze) sera le meilleur.
Là maintenant, je me pose la question si le jaune est approprié pour les plumes autour du corp ou est-ce qu'un mélange de bleu et vert dans toutes les tonalités seraient mieux.
J'en ferais quelques unes dans d'autres couleurs. Tant pis si je dois changer la palette pour ces plumes qui s'envolent un peu partout. Un avantage de travailler avec les fils, c'est que je peux en enlever si nécessaire et recommencer.
Ceux ou celles qui me lisent, si vous avez des idées, dites-les moi. Je serais très intéressée à savoir ce que vous pensez.
Affaire à suivre.
La poitrine de l'oiseau me posait quelques difficultés. J'avais essayé la technique du passé nuancé empiétant qui me semblait fonctionner mais j'ai constaté que l'effet de plumes, l'effet de légéreté ne s'y voyait pas. J'ai tout enlevé et redessiné cette partie. Finalement, j'ai opté pour l'effet d'écailles, comme pour un poisson, mais qui me semblait donner l'illusion de plumes. Il faut dire que le phénix est un oiseau mythique. Conséquemment, je me donne la liberté de l'interprêter à ma guise. C'est une belle liberté.
Là maintenant, je me pose la question si le jaune est approprié pour les plumes autour du corp ou est-ce qu'un mélange de bleu et vert dans toutes les tonalités seraient mieux.
J'en ferais quelques unes dans d'autres couleurs. Tant pis si je dois changer la palette pour ces plumes qui s'envolent un peu partout. Un avantage de travailler avec les fils, c'est que je peux en enlever si nécessaire et recommencer.
Ceux ou celles qui me lisent, si vous avez des idées, dites-les moi. Je serais très intéressée à savoir ce que vous pensez.
Affaire à suivre.
Tuesday, November 22, 2011
Le Phénix - étude
Depuis quelques semaines, j'avais de la difficulté à me remettre au travail. L'esprit était plutôt fixé sur d'autres aspects de la vie tel que le déménagement de ma mère dans un nouvel appartement dans un résidence avec services; le tri de ses affaires, une accumulation d'une longue vie rendue dans 40 boîtes entreposées dans un lieu anonyme et triste. De retour à l'atelier, une première neige sur le sol, je décide de me lancer un défi technique. Déjà, je savais que je voulais broder du bleu et de l'or, en soie fine. Je cherche un dessin. Je trouve un motif dans le catalogue du Japanese Embroidery Centre, 2005, le phénix, symbole de la longévité, un dessin très détaillé. Je le trace, et le retrace, le temps de me familiariser avec les formes à l'intérieur du motif, le temps de visualiser couleur, technique et effets de ce mariage de fibre, forme, texture et couleur.
Après cette analyse où je décompose et recompose, je choisis les fils, cette fois-ci, les Pipers 90, deux brins dans l'aiguille. Pour l'or, les fils Kreinick #1. Il y a un documentaire à la télévision sur Woody Allen; j'écoute et je brode; j'apprends et je crée. Pendant ces deux heures, tout est parfait.
Saturday, November 12, 2011
Pavots d'espoir
Au mois de mars 2011, ‘Sweet Mickey Martelly’ fut élu president d’Haïti. Est-ce que ce vote représentait un changement majeur, un vote d’espoir pour l’avenir de ce pays? Depuis le tremblement de terre de janvier 2010 qui a dévasté une grande partie de l’île et la vie de tous ceux qui y habitaient, le pays ne semblait pas être sorti de son malheur et désespoir. Il y a encore un demi-million de personnes qui sont logées dans les tentes, faute de moyens pour reconstruire leur vie.
Je regarde certaines de mes broderies. Mon regard se pose sur les pavots brodés pendant les premiers jours de la tragédie. Je suivais attentivement les nouvelles. C’est par hasard que j’avais choisi ce projet la veille de la catastrophe. Le dessin se trouvait sur ma table de travail depuis quelques semaines et c’était vers 20h00 du 11 janvier que j’eus envie de le broder
Les points se plaçaient sans difficulté sur le fond et rapidement, je voyais les premières pétales prendre forme presque trop facilement. Encouragée par la clarté et la précision de l’ensemble de mes points, je decidais d’aller me coucher espérant que j’allais réussir à retrouver cette meme facilité dans mes doigts le lendemain. J’avais hâte de reprendre mon aiguille. La nouvelle qui nous réveilla était bouleversante.
D’habitude, Dame Nature est une grande source d’inspiration pour mon travail de brodeuse. Ce matin-là, c’était tout le contraire. Je me suis mise au travail pour oublier le drame qui se déroulait en Haïti. J’écoutais les nouvelles en brodant. La deuxième fleur prenait forme; il n’y avait que du rouge et du noir dans ma palette de couleurs. J’ajoutais un peu de blanc, le reflet du soleil, mais pour la plupart du temps, les fils de soie rouge se déroulaient de la bobine afin de se trouver fixès dans la forme de fleur. C’est à ce moment-là se fit le lien entre mon travail et les évènements qui défilaient sur l’écran de télévision. Mon aiguille avec ses fils rouges et noirs traduisaient par la soie ce que les haîtiens vivaient, la dévastation, la mort. Je m’attaquais au centre de la fleur, le centre qui ressemblait à une petite cabane grise – le coeur de la fleur, le coeur de la tragédie, entouré d’ombres, le désespoir d’un peuple.
J’avais besoin de changer de couleur, il y avait trop de rouge, trop de sang, trop de tristesse. J’ai décidé de commencer à broder une tige, du vert, technique simple; la tige, donnant de la stabilité à la fleur, une ancre sur laquelle elle peut s’accrocher pour pouvoir avancer; image d’un enfant solitaire se promenant, perdu parmi les décombres, à la recherche de ses parents, ensevelis sous les briques. Je commençais une autre tige, un vert plus clair, donnant plus de lumière à la broderie, et un peu d’espoir pour cet enfant et pour Winnie, la petite fille de 16 mois, qui a été sauvée après avoir vécu près d’une semaine sous les ruines.
Je continuais mon travail, les journées passaient. Les points trouvaient leur place sur le tissu sans difficulté. Je perdais la notion du temps. Je terminais le premier pavot; j’avais l’impression qu’il flottait seul sur le fond de lin.
Tout n’était pas perdu, d’autres vies seront sauvées.
Je me sentais impuissante dans mon atelier trop confortable. On envoie de l’argent à la Croix Rouge; c’est trop facile. C’est un geste qui ne répond pas aux besoins réels du moment. Je me faisais une idée que mes efforts de terminer cette pièce, devenue symbolique, s’ajoutaient aux efforts de la communauté internationale qui se rassemblaient pour apporter de l’aide. Je commençais à broder une autre fleur, sans le centre, simplement des pétales cachant d’autres pétales. Je n’étais plus certaine de ma technique, est-ce que mes efforts allaient rendre l’effet voulu? Tous ces équipes qui arrivaient de partout dans le monde, est-ce qu’ils allaient pouvoir s’impliquer et comment? Il semblait que les instances internationales se retenaient afin de pouvoir mesurer l’ampleur de cette tragédie et de décider quelles démarches à prendre pour garantir le maximum d’efficacité.
Le 21 janvier, une autre secousse terrorise un peuple déjà à bout de force. Je finissais la dernière fleur, encore du rouge, encore du sang, encore des vies perdues.
Il fallait commencer à analyser les feuilles; il y en avait tellement, des petites, des grandes, toutes entremêlées, quelques unes qui s’enlaçaient autour des tiges épineuses. Comment donner de la perspective? Où est la source de lumière? Je voyais toute de suite la métaphore, les êtres humains sous les décombres, qui cherchaient désespérément la lumière, l’air, la vie.
Miraculeusement, des gens étaient sauvés dix jours après le tremblement de terre.
J’ai terminé cette pièce le 23 janvier 2010, le même jour que le dernier rescapé fut arraché à la mort.
Aujourd’hui, je regarde toujours cette pièce en pensant à ce drame., Elle a pour titre: Pavots d’espoir. Bien que toute broderie évoque une histoire souvent personnelle, celle-ci est impregnée de signification plus large que mon propre monde.
La pièce est toute simple, mais ce qui est tissé entre les points, ce témoignage d’un long moment pénible vécu à distance, ne l’est pas. Ce fut ma manière de l’exprimer.
'L’oeuvre est le mémorial de lieux et de temps promis à la disparition ou déjà disparu' (Benjamin 1991)
Thursday, July 21, 2011
Les Pensées
J'étais en train de renoncer à un autre projet extrêment détaillé commencé il y a plus d'un an. Pendant l'exécution pénible de ce projet, je trouvais énormément de difficultés techniques et je n'étais pas contente de l'effet de mes points sur le tissu. C'était un projet en fil de soie Pipers. Il me semblait que je n'avais pas bien analysé les formes par rapport au fil et à la technique qui était une combinaison de peinture à l'aiguille et point plumetis sur les toutes petites formes de feuilles et de pétales.
Je commençais à perdre confiance dans mes capacités. Pour me remettre en selle, j'ai décidé de changer de fil et travaillé une autre idée. Ce dessin de pensées était déjà sur la table de travail. Je me suis régalée et le résultat démontre la facilité avec laquelle j'ai pu broder ce motif plein de vitalité, de lumière et de joie.
J'ai regagné la confiance dans mes doigts, les fils se plaçaient presque tout seuls.
Cette pièce sera vendue la semaine prochaine. Elle répondait exactement aux attentes d'une de mes clientes. J'éprouve toujours un peu de tristesse de voir une pièce quitter l'atelier mais je suis ravie de savoir que le plaisir à vivre avec cette oeuvre sera partagé avec une autre.
Les Pensées (L'Art de l'Aiguille 2009) Dimensions: 15 cms x 25 cms avec cadre et passe-partout
Je commençais à perdre confiance dans mes capacités. Pour me remettre en selle, j'ai décidé de changer de fil et travaillé une autre idée. Ce dessin de pensées était déjà sur la table de travail. Je me suis régalée et le résultat démontre la facilité avec laquelle j'ai pu broder ce motif plein de vitalité, de lumière et de joie.
J'ai regagné la confiance dans mes doigts, les fils se plaçaient presque tout seuls.
Cette pièce sera vendue la semaine prochaine. Elle répondait exactement aux attentes d'une de mes clientes. J'éprouve toujours un peu de tristesse de voir une pièce quitter l'atelier mais je suis ravie de savoir que le plaisir à vivre avec cette oeuvre sera partagé avec une autre.
Les Pensées (L'Art de l'Aiguille 2009) Dimensions: 15 cms x 25 cms avec cadre et passe-partout
Wednesday, July 20, 2011
William Morris - petit coussin
Ce motif de 'William Morris' fait partie d'une série de cartons conçus pour une étamine à compte carré par un designer anglais, Barbara Hammett, comprenant trois motifs d'oiseaux différents, tous stylisés, tous de l'époque fin 19ième siècle, début du 20 ième, l'époque de William Morris, artiste d'arts décoratifs de multiples talents.
Le choix de coloris est très contemporain, les motifs très anciens, un beau mariage du passé et du présent; une idée qui rejoigne ma philosophie de démarrer une nouvelle conversation autour de la broderie, un art remontant à plus de 400 ans.
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